Vendredi dernier, l’annonce d’un accord conclu entre les dirigeants européens sur la prise de mesures urgentes pour contenir la hausse des rendements italiens et espagnols a conduit à un rally impressionnant des actifs risqués et des devises à plus haut rendement. Les marchés des indices européens ont poursuivi leur remontée en début de semaine bien que la monnaie unique ait été affectée par les chiffres décevants des PMI manufacturier de la zone euro et par le manque de détail concernant les initiatives prises lors du sommet de l’UE.

À la suite de ce sommet, les coûts d’emprunt de l’Espagne et de l’Italie ont baissé, atténuant quelque peu les pressions sur ces pays. Le taux à 10 ans de l’Espagne est passé d’un plus haut en juin de 7,147% à 6,27% alors que le taux à 10 ans de l’Italie a baissé à 5,72% contre 6,215% en juin (plus haut du mois également).

Lors du sommet de l’UE à Bruxelles, les dirigeants européens se sont mis d’accord sur le fait que les fonds de secours de la zone euro pourraient être utilisés pour stabiliser les marchés obligataires sans forcer les pays à adopter de nouvelles mesures d’austérité et autres réformes. Le Mécanisme européen de stabilité (MES) aurait ensuite la possibilité de prêter directement aux banques afin de stabiliser les marchés sans augmenter le déficit de ces pays. Bien que dans la déclaration finale était stipulé que les États de la zone euro s’engageaient à utiliser le FESF et le MES « de manière flexible et efficace afin de stabiliser les marchés », le chef du gouvernement italien, Mario Monti, a par la suite clairement fait savoir que cela sous-entendait le rachat d’obligations souveraines.

L’EUR/USD a bondi à la suite de cette déclaration finale. Vendredi, la paire a progressé à un plus haut de la journée à 1,2693 après avoir chuté la veille à un plus bas de trois semaines à 1,2407. Lundi matin, la monnaie unique a perdu ses gains face au billet vert et l’EUR/USD a glissé à 1,2568. L’optimisme initial s’est rapidement dissipé étant donné qu’il était évident que des achats immédiats semblaient peu probables avant que les problèmes entourant la question de la conditionnalité ne soit réglés alors que la chancelière allemande a déclaré qu’il faudrait peut-être un an avant que les pays n’utilisent les fonds européens pour recapitaliser directement les banques. Par ailleurs, la position de la Finlande et des Pays-Bas, qui se sont opposés à l’achat d’obligations sur le marché secondaire par le MES, a également pesé sur l’optimisme ambiant.

En début de semaine, les chiffres décevants de l’activité manufacturière en Chine, en Europe et aux États-Unis ont menacé la reprise du risque. L’indice PMI de la zone euro, qui évalue l’activité manufacturière dans la région, est resté inférieur au seuil de 50 alors que le PMI manufacturier chinois a également enregistré un repli. Par ailleurs, le taux de chômage de la zone euro est monté d’un cran, passant à 11,1%.

L’indice ISM manufacturier aux États-Unis a également déçu les prévisions, ressortant à 49,7, soit un plus bas en près de trois ans, et a menacé d’affecter l’appétit pour le risque. Les marchés américains ont ouvert en repli lundi mais ont renversé la tendance négative alors que les investisseurs se sont concentrés sur les spéculations selon lesquelles les banques centrales devraient faire plus d’efforts pour stimuler la croissance et raviver leur économie branlante. Mardi, les bourses européennes ont enregistré une hausse, tout comme les actions asiatiques qui ont progressé pour le cinquième jour consécutif. Le Yen a fortement baissé étant donné que les investisseurs du forex ont réduit leur demande de sécurité et favorisé les devises plus risquées alors que les banques centrales s’embarquaient dans de nouveaux programmes d’assouplissement pendant que les chiffres de l’emploi aux États-Unis, attendus ce vendredi, devraient donner plus de détails sur la prochaine politique monétaire de la Fed.

Il y a de fortes chances pour que la BCE réduise son taux directeur lors de sa réunion de politique monétaire demain afin de contenir la crise de la dette souveraine. La Chine pourrait également opter pour une baisse de son taux principal lors de sa prochaine réunion alors que d’après un journal d’État, il est temps de réduire les ratios de réserves obligatoires (RRR) des banques. Le mois dernier, la Fed a prolongé son « Operation Twist » jusqu’à la fin de l’année mais de nombreux participants du marché estiment désormais qu’une économie en constant repli forcera la banque centrale américaine à s’embarquer dans un nouveau programme d’assouplissement monétaire.

La Banque centrale australienne a décidé mardi de laisser son principal taux directeur inchangé à 3,5%, conformément aux attentes des analystes, ce qui n’a pas affecté les investisseurs du forex. L’AUD/USD a chuté dans un premier temps d’un plus haut de la séance de 1,0284 à 1,0257, mais a rapidement récupéré le terrain perdu pour s’échanger proche de son plus haut de la journée. Les cours de l’or ont trouvé un support grâce au regain d’espoir pour un nouvel assouplissement monétaire de la Fed. En tant que couverture contre la hausse des prix, le métal jaune tire généralement profit de la situation étant donné qu’une masse monétaire importante et des taux d’intérêt plus faibles jettent les bases d’une future inflation. Le XAU/USD a progressé de plus de 0,40% ce mardi, se négociant au-dessus de $1 600.