A l’inverse de la conférence de presse qui a suivi sa première réunion du FOMC à la tête de la Réserve fédérale, Janet Yellen a tenu lundi un discours assez pessimiste (de ce qu’en pensent certains intervenants), soulignant le ralentissement de l’économie américaine. La chef de la Fed a en effet déclaré que l’économie et le marché de l’emploi étaient loin d’être en bonne santé. Elle a mis l’accent sur le fait que l’ « engagement extraordinaire de la Fed était encore nécessaire et qu’il allait se poursuivre ».

Cette fois-ci, ses commentaires étaient bien plus proches de la réalité étant donné que le taux de chômage se situe actuellement à 6,7% alors que la Fed estime qu’il devrait se situer entre 5,2 et 5,6%. L’inflation annuelle est également considérablement en-deçà de l’objectif de l’institution monétaire, actuellement au-dessus de 1% contre l’objectif officiel de 2%. Le mois dernier, les investisseurs avaient été frappés par la proposition de Janet Yellen de relever les taux dès l’année prochaine.

Mme Yellen a affirmé que le ralentissement de l’économie et du marché de l’emploi se poursuivait. Ses propos ont refroidi les perspectives d’une hausse plus tôt que prévu des taux alors que les actions mondiales et les actifs les plus risqués ont rebondi. Le dollar a perdu du terrain après un plus haut de deux semaines atteint face à un panier de ses principales contreparties.

En effet, le dollar index a chuté à 80,022 après avoir atteint un pic de deux semaines à 80,296. Malgré les propos de Janet Yellen qui ont accru les pressions sur le billet vert, ce dernier reste stable face au yen et à l’euro. L’EUR/USD a progressé à 1,3802 mais a reculé à 1,3790 après la publication lundi de données montrant que l’inflation dans la zone euro était inférieure aux prévisions, accentuant les pressions sur la BCE pour qu’elle contre la déflation.

Menace de déflation : nouvel assouplissement de la BCE en perspective ?

Les investisseurs seront très attentifs à la décision des taux de la BCE ce jeudi. L’intérêt principal est de savoir si les membres de l’institut d’émission introduiront ou non de nouvelles mesures d’assouplissement. D’un point de vue technique, l’EUR/USD reste sur une tendance haussière, parvenant à se maintenir au-dessus de 1,37. Les chances d’une hausse des taux de la Fed en 2015 désormais minimes, seule une décision de la BCE d’assouplir davantage sa politique monétaire pourrait mettre un frein à la hausse de la paire de monnaies.

Cependant, les propos de Jens Weidmann, membre du conseil des gouverneurs de la BCE et président de la Bundesbank ont réduit les attentes d’une intervention de l’institution francfortoise. M. Weidmann a déclaré que la zone euro n’était pas dans un cycle déflationniste et que les dirigeants monétaires ne devraient pas réagir de façon excessive au ralentissement de l’inflation qui pourrait s’avérer être provisoire. Un rapport sur le chômage en Allemagne a également refroidi les attentes tablant sur un nouveau stimulus de la part de la BCE. Le taux de chômage allemand a en effet glissé à 6,7% contre 6,8% précédemment. Sans de nouvelles mesures d’assouplissement dans la zone euro, l’EUR/USD pourrait reprendre sa tendance haussière et toucher le plus haut de l’année à 1,3967.

La hausse du sentiment du risqué pese sur le yen

L’USD/JPY a été contenu proche de son plus haut de trois semaines atteint en début de semaine. La paire de monnaies reste stable autour de 103,38 au moment de la rédaction de l’article après que des données publiées au Japon mardi matin ont déçu les analystes et maintenu l’espoir d’un nouvel assouplissement de la BoJ pour relancer le rythme de la reprise économique. Une cassure de 103,76 devrait ouvrir la voie à de nouveaux gains vers le plus haut de l’année à 105,44 atteint lors du premier jour de trading de l’année.

Le yen a été confronté à d’intenses pressions alors que l’appétit pour le risque s’est amélioré, bénéficiant principalement aux devises liées aux matières premières. L’espoir d’un nouveau stimulus en Chine a accru la demande d’actifs à plus haut rendement et pesé sur la devise nippone. Le Kiwi a touché quant à lui un pic de six ans face au JPY à 89,93 mardi. La devise néo-zélandaise a fortement progressé cette année grâce à la RBNZ qui est devenue la première banque centrale d’un pays développé à normaliser sa politique monétaire. A partir d’ici, la barre des 90,00 est le dernier obstacle sur le chemin de 91,46, niveau établi avant la crise.

La RBA laisse ses taux inchangés et réfute les possibilités d’une hausse des taux

L’Aussie a bondi au-dessus de 0,93 face au billet vert, pour la première fois depuis quatre mois, après que la Banque centrale australienne a laissé son taux directeur inchangé à 2,5% comme prévu. La devise a perdu ses gains peu après lorsque l’institut d’émission a affirmé que l’AUD restait fort par rapport aux niveaux passés et qu’un taux directeur à un plus bas historique permettrait de soutenir la croissance. L’AUD/JPY a touché un plus haut de dix mois à 96,06 et reste dans une solide configuration haussière.