Les indices mondiaux ainsi que les matières premières et les devises ont pris un coup en début de semaine alors que les tensions en Ukraine au cours du week-end se sont estompées mardi après que le Président russe a ordonné aux troupes engagées dans des manœuvres militaires de retourner à leurs bases.

En début de semaine, les menaces de Vladimir Poutine d’envahir l’Ukraine ont accru les tensions entre les Etats-Unis et ses alliés d’une part et la Russie d’autre part. Le sentiment du risque s’est rapidement dégradé et les marchés actions mondiaux ont plongé. Les devises refuges, en particulier le yen japonais et le franc suisse, ont été très demandées et ont débuté la semaine en nette hausse. Les prix du pétrole et de l’or ont également bondi en début de semaine.

Au cours du week-end, les forces russes ont pris le contrôle de la Crimée alors que le Président Poutine a revendiqué son droit d’envahir son voisin. Alors que Kiev se préparait à un conflit armé, les Etats-Unis, à travers son secrétaire d’Etat, John Kerry, ont décrit l’attitude de Moscou comme « un incroyable acte d’agression ». Le Président américain a caractérisé le geste russe comme une violation du droit international et de la souveraineté de l’Ukraine. De son côté, Moscou a affirmé aux Nations unies que ses actions étaient légales.

Les futures du pétrole aux Etats-Unis ont bondi à un pic de cinq mois au-dessus de $104,50 le baril alors que la menace d’une rupture d’approvisionnement de gaz a bénéficié au cours de l’or noir. Le rouble a plongé à un plus bas historique alors que les actions russes ont perdu plus de $55 milliards étant donné que l’occident a menacé d’isoler la Russie économiquement.

Poutine rappelle ses troupes ce qui fait bondir les actifs risqués

Mardi, les actifs risqués ont rebondi après que le président russe a ordonné aux troupes stationnées dans la région de retourner à leurs bases dans ce qu’il a appelé « un exercice militaire ». La demande de valeurs refuges s’est considérablement réduite vu que Vladimir Poutine a montré des signes de vouloir apaiser les craintes des pays occidentaux.

Le yen a reculé mardi et l’or a lourdement chuté après un pic de quatre mois. La devise nippone a également été affectée par les propos du gouverneur de la Banque du Japon, M. Kuroda.

L’USD/JPY a bondi à 101,95 au moment de la rédaction de l’article mardi. La paire de monnaies a touché un creux d’un mois lundi à 101,20 et malgré les signes d’une baisse des tensions en Ukraine, elle pourrait encore chuter si le sentiment du risque se dégrade. La paire pourrait continuer à trouver un support dans un climat de spéculations selon lesquelles la BoJ pourrait annoncer des nouvelles mesures de stimulus.

A court terme, la barre des 100,75/101 représente une zone clé. Les 100,75 correspondent à un plus bas de trois mois et demi alors que la barre psychologique des 101 correspond également au retracement 50% du rallye d’octobre à janvier. Une nette cassure de cette zone pourrait signaler un nouveau repli vers les 100 yens voire plus bas. D’un autre côté, un rebond à partir d’ici pourrait entrainer une nouvelle hausse vers 102,80 yens.

Le Swissie a également repris sa place sous les feux des projecteurs alors que les investisseurs sur le forex s’y sont intéressés vu son statut de valeur sûre après les tensions en Ukraine. L’EUR/CHF a plongé à un plus bas de 14 mois à 1,2104 mais est remonté mardi à 1,2172. Le support au-dessus du cours plancher fixé par la Banque nationale suisse se trouve à 1,2060. Cependant, si les risques de conflit dans la région diminuent, la paire devrait se négocier à nouveau au-dessus de 1,2200.

L’euro pourrait atteindre 1,3900

L’euro a réduit ses pertes enregistrées lundi et se négocie juste au-dessus de 1,3750 face au dollar américain. Toutefois, l’EUR est très loin de son pic de vendredi à 1,3825. La semaine dernière, l’EUR/USD a accéléré sa tendance haussière vers un plus haut de l’année et a rebondi après un creux à 1,3643. La paire de monnaies a enregistré par la suite un rallye après les chiffres plus positifs que prévu de l’inflation publiés vendredi et qui ont montré que la dernière baisse des taux de la BCE commençait à porter ses fruits.

La paire reste dans une configuration haussière à court/moyen terme. Une cassure de 1,3840 et éventuellement du plus haut de l’année dernière à 1,3893 entrainerait un revirement de situation et propulserait la paire au-dessus de 1,4000. Les risques baissiers pour l’EUR/USD sont posés principalement par un retour de l’aversion au risque suite aux tensions géopolitiques entre la Russie et l’Occident. Un renforcement du dollar pourrait également être dû à un rapport plus positif que prévu de l’emploi attendu vendredi. Les analystes tablent sur la création de 150'000 nouveaux postes dans le secteur non-agricole et sur un taux de chômage inchangé à 6,6%.