La semaine dernière, les investisseurs étaient tout particulièrement attentifs à la décision des taux de la Banque centrale européenne et à la conférence de presse de son président, l’italien Mario Draghi, sans oublier aux chiffres de l’emploi non-agricole (NFP) publiés vendredi aux Etats-Unis. Comme prévu lors de tels évènements, les spéculations étaient nombreuses. Voici un résumé de ces évènements et de leurs effets sur certaines des principales paires de devises du marché des changes.

Pas de nouvel assouplissement de la BCE…mais l’euro chute tout de même

Les investisseurs ont probablement trouvé intéressant le fait que lors de la précédente réunion de la BCE le 6 mars dernier, le statu quo de l’institution monétaire vis-à-vis de sa politique monétaire se soit traduit par un support pour la monnaie unique alors que cette fois-ci, l’euro a été affecté par le manque de nouvelles mesures de la BCE.

En effet, le statu quo de la BCE n’est pas l’unique raison responsable de la chute de l’euro face au dollar américain. M. Draghi s’est montré plus « dovish » et a exhibé la possibilité de l’utilisation d’outils non conventionnels si nécessaire pour contrer la déflation.

Cependant, le nœud du problème à ce niveau est que le chef de la BCE ait minimisé la vigueur de l’euro. Il a également opté pour l’utilisation du terme QE (assouplissement quantitatif), ce qui a chamboulé l’esprit des investisseurs. Super Mario a ajouté que la version américaine du QE ne correspondait pas à la zone euro et qu’elle devait être modifiée.

Au bout du compte, l’USD en a profité et s’est apprécié de 0,34% face à la devise européenne tout au long de la séance de jeudi alors qu’il a poursuivi sur sa lancée vendredi également, le jour de la publication des NFP.

Les chiffres de l’emploi US assez convaincants

Les NFP ont montré en effet que l’économie américaine avait créé 192’000 emplois en mars contre 197'000 le mois précédent (chiffre révisé en hausse de 175'000 précédemment). Bien qu’en elle-même, cette lecture est positive, elle reste cependant inférieure aux attentes du consensus qui tablait sur la création de 200'000 nouveaux postes. Le taux de chômage est resté quant à lui inchangé à 6,7%.

Cependant, bien que cette lecture continue d’offrir un support au billet vert et malgré le rebond de la volatilité autour de l’heure de sa publication, la hausse n’a été que marginale.

En prenant la situation dans son ensemble, bien que l’euro ait perdu de sa ferveur, les pertes enregistrées au cours des trois derniers mois ont été limitées à -0,61% alors que sur l’année, la monnaie progresse tout de même de 6,38%, d‘après l’indice pondéré Bloomberg Correlation (BCWI). Face au dollar, l’euro se négocie au-dessus de 1,37, bien au-delà du niveau attendu en fin d’année dernière. L’EUR/USD se négocie actuellement à nouveau au-dessus de 1,38.

L’EUR/USD ambitionne de toucher 1,3924 à court terme.

Support : 1,3664/1,3584 Résistance : 1,3880/1,3924

Tout au long de la semaine dernière, le support a principalement favorisé l’Aussie et le yen, de +1,24% et +0,83% respectivement, d’après le BCWI.

Mardi dernier, la Banque du Japon a maintenu son stimulus monétaire inchangé alors que son gouverneur, M. Kuroda, a répété que l’institution monétaire prendra toujours des mesures sans aucune hésitation. Le chef de a BoJ a ajouté que les effets de la hausse de la taxe sur la consommation devraient avoir disparu d’ici à l’été. Malgré l’amélioration de la production industrielle et des investissements privés, les analystes s’attendent à ce que la banque centrale intervienne d’ici au mois de juillet.

Le JPY s’est revigoré après la publication des chiffres de l’emploi US vendredi. L’USD/JPY se négocie actuellement juste en-dessous des 102 yens après avoir ouvert vendredi à 103,93.

Correction de l’USD/JPY en place Résistance : 103,99/104,72 Support : 101,52/101,28

Les données britanniques continuent de briller

Mardi dernier, le Royaume-Uni a publié de solides chiffres concernant la production industrielle et manufacturière en février. Parmi un panier de devises « majeures », la livre sterling s’est appréciée de 0,39% en première partie de semaine. Le GBP/USD a progressé à 1,6754 (plus haut d’un mois) après la publication de ces données alors que les spéculateurs continuent de miser sur une hausse prochaine des taux de la BoE.

Le GBP/USD reste sur une tendance haussière avec un objectif à 1,6977 à moyen terme. Actuellement cependant, la paire est proche d’un plus haut de deux mois avant 1,6822. Le Stochastic Momentum Index (SMI) est déjà en zone de surachat et le RSI se rapproche. Une légère correction technique est envisageable très prochainement.

Support : 1,6657/1,6595 Résistance : 1,6810/1,6850

L’or poursuit sa remontée en avril, progressant de 2% sur le mois jusqu’au moment de la rédaction de l’article. Le métal jaune a rebondi après le plus bas du 1er avril à $1'277,81, se négociant actuellement à $1'310.